Logement


Pendant une grande partie du XXe siècle, le Canada était un pays qui bâtissait avec confiance. Des quartiers, des villes et des communautés entières se développaient rapidement pour répondre aux besoins d’une population croissante et d’une classe moyenne en pleine expansion.

On construisait suffisamment de logements pour permettre aux travailleurs canadiens d’envisager de façon réaliste l’accès à la propriété et une stabilité à long terme.

Au cours des dernières décennies, cet équilibre s’est toutefois perdu. La population a augmenté rapidement, tandis que la construction résidentielle n’a pas suivi le même rythme. L’écart entre le nombre de logements dont les Canadiens ont besoin et le nombre de logements réellement construits ne cesse donc de se creuser.

Le résultat est un marché immobilier qui devient de plus en plus inaccessible pour les jeunes familles, les nouveaux travailleurs et même de nombreux Canadiens déjà bien établis.

Cette situation n’est pas le résultat d’une seule mauvaise décision. Elle découle d’un système devenu lent, fragmenté et incapable de répondre à l’ampleur des besoins. Les approbations prennent trop de temps, les responsabilités sont réparties entre plusieurs ordres de gouvernement et la main-d’œuvre nécessaire pour construire la prochaine génération de logements n’a pas augmenté suffisamment pour répondre à la demande.

Résoudre la crise du logement au Canada exigera plus que de petits ajustements ou des programmes temporaires.

Il faudra un véritable engagement national pour recommencer à construire à grande échelle, former la main-d’œuvre nécessaire et faire en sorte que la prochaine génération de Canadiens puisse réellement se permettre les logements que nous construisons.

Passer à l’action

Construire massivement plus de logements

Le Canada doit retrouver une capacité de construction résidentielle à une échelle nationale que nous n’avons pas connue depuis des décennies.

Nous allons :

  • établir des objectifs nationaux clairs de construction résidentielle liés à la croissance de la population;
  • encourager la construction rapide de logements intermédiaires, d’immeubles de moyenne hauteur, de maisons en rangée et de logements locatifs construits expressément à cette fin;
  • privilégier une plus grande densité résidentielle à proximité du transport collectif, des pôles d’emploi et des infrastructures existantes;
  • utiliser les terrains fédéraux et les propriétés publiques sous-utilisées pour réaliser des projets résidentiels à grande échelle.

L’abordabilité du logement commence par l’offre. Sans une augmentation importante du nombre de logements construits chaque année, les prix demeureront hors de portée, peu importe les mesures prises pour gérer la demande.

Réduire les obstacles bureaucratiques qui ralentissent la construction

Trop de logements au Canada sont retardés ou ne sont jamais construits parce que les processus d’approbation sont trop longs et que les responsabilités sont fragmentées entre les différents ordres de gouvernement.

Au niveau fédéral, nous utiliserons les leviers financiers, les terrains publics et les outils de financement à notre disposition pour accélérer la construction résidentielle.

Le financement fédéral destiné au logement, au transport collectif et aux infrastructures sera lié à des résultats clairs et mesurables, notamment des approbations plus rapides, une augmentation des mises en chantier et une reddition de comptes transparente.

Nous simplifierons les évaluations environnementales fédérales afin d’éliminer les dédoublements et les délais inutiles, tout en maintenant des normes rigoureuses en matière de sécurité et de protection de l’environnement.

Lorsque cela sera possible, les terrains fédéraux sous-utilisés seront rendus disponibles pour la construction résidentielle afin que des projets puissent avancer sans rester paralysés pendant des années par des processus administratifs locaux.

L’argent public doit produire des résultats pour le public. Lorsque des fonds fédéraux sont investis, nous ne financerons plus l’inaction et les délais inutiles.

Former une nouvelle génération de travailleurs de la construction et de gens de métier

L’un des principaux obstacles à la construction résidentielle aujourd’hui est le manque de main-d’œuvre qualifiée.

Nous allons :

  • lancer un programme national d’expansion des métiers spécialisés destiné directement aux générations Z et Alpha;
  • multiplier les programmes d’apprentissage rémunérés en construction, en électricité, en plomberie, en chauffage, ventilation et climatisation, en charpenterie et en opération de machinerie lourde;
  • travailler avec les syndicats, les collèges et les employeurs afin d’accélérer l’obtention des qualifications professionnelles;
  • redonner aux métiers spécialisés la reconnaissance qu’ils méritent comme carrières bien rémunérées, durables et essentielles à l’avenir du pays.

Voilà une partie essentielle de la nouvelle économie. Ces métiers offrent des carrières solides et stables qui permettent aux jeunes Canadiens de bien gagner leur vie rapidement, d’éviter un endettement excessif et d’envisager réellement l’achat d’une propriété.

Faciliter l’accès à la propriété pour les premiers acheteurs

Construire davantage de logements ne représente qu’une partie de la solution. Les jeunes Canadiens doivent également avoir les moyens de les acheter.

Nous allons :

  • bonifier de façon responsable et ciblée l’aide à la mise de fonds pour les premiers acheteurs;
  • améliorer les conditions hypothécaires offertes aux jeunes acheteurs, notamment par des périodes d’amortissement plus longues et des règles de qualification plus équitables;
  • réduire les obstacles auxquels font face les diplômés et les travailleurs en début de carrière qui disposent d’un revenu stable, mais de peu d’économies;
  • nous assurer que les programmes d’accès à la propriété récompensent le travail et la contribution plutôt que la spéculation.

Devenir propriétaire devrait demeurer un objectif réaliste pour les jeunes Canadiens qui entrent sur le marché du travail, et non un rêve constamment repoussé à plus tard.

Redonner vie au rêve canadien par de véritables possibilités

L’ancien modèle a changé. Le nouveau parcours doit être clair et réalisable.

Nous allons :

  • parler franchement aux jeunes Canadiens des réalités économiques auxquelles ils font face;
  • promouvoir les métiers spécialisés, la fabrication de pointe et les travaux d’infrastructure comme des carrières essentielles à la construction du pays;
  • mieux arrimer les politiques d’éducation, d’emploi et de logement autour de l’accès à la propriété et de la stabilité économique;
  • rebâtir une culture où les compétences, le travail et la contribution permettent d’atteindre la sécurité financière et d’avoir un chez-soi.

Le rêve canadien est toujours bien vivant. Il est simplement différent de celui de la génération précédente. Dans la nouvelle économie, ceux et celles qui bâtissent ce pays doivent pouvoir, eux aussi, avoir les moyens d’y vivre.